Éloïs Marel grandit en France.
Il y a de l'espace pour cela.

 

Œuvre

    • Notes
    • Quatrième de couverture
    • Journal, première entrée
    • Journal, deuxième entrée
    • Premier dialogue
    • Quatrième dialogue
    • Lettres
    • Journal, deuxième partie, première entrée
    •  
    • Publication / Vente
    •  
    • Premières (diaporama)

    Notes

    Site de l'auteur : Éloïs Marel

    Il s'agit d'une fantaisie, longue, en trois parties, d'inégale longueur, mais sans conflit particulier entre elles. Elles s'entendent bien et se vont à ravir.


    Il ne s'agit pas d'un roman, l'affaire n'est pas si sérieuse. Ce n'est pas non plus une autobiographie. Un documentaire, écrit, suffirait pour cela. Tout y est imaginaire. Il resterait alors à vivre tout ça.


    Un couple, disons un amant une amante — surtout pas une maîtresse, il serait alors un maître, ce qu'il ne veut pas. Tous deux écrivent. Elle pendant ses voyages. Lui d'aucun voyage. De sa chambre, son bureau, peu importe.

    Quelques personnages. Un journal, des lettres et des dialogues, des fruits, des légumes, du fromage et du vin, rouge et blanc. Il y a aussi un peu de place aux fefesses, et à quelques verges, mais pas 11000 non plus. Oh ! 11000 c’est un chiffre comme ça, j’aurais pu dire l’infini, ou 16 par exemple, mais monsieur Eugène Ionesco a déjà choisi 16, dans sa leçon particulière.


    Ils écrivent tous deux en français. Mais s'ils étaient nés en Corée, la fantaisie serait coréenne. L'un et l'autre aussi, coréens. Et traduit en italien, ils seraient alors italiens.

    Une troisième personnalité, que l'on ne voit jamais, est présente dans les dialogues et parle avec l'amant — l'amante toujours en voyage — sur tout et n'importe quoi, la pluie et le beau temps aussi. C'est l'avantage d'une conversation, tout peut s'y mélanger. Dans la vie le beau temps ne peut pas venir avec la pluie. C'est l'un ou l'autre. Et si cela arrive, la nature se défend et bande un arc, en-ciel. C'est ainsi.

    L'ensemble a été écrit entre 2004 et 2011, juste après midi le 20 février, entre un maté et quelques jolis petits gâteaux, fourrés au Dulce de leche — c'était à Buenos Aires —, et tous les jours qui ont suivi, plutôt dans l'ordre.

    La lecture doit se faire tranquillement, sans hâte, mais sans pour autant s'attarder sur une phrase à cause de son écriture un peu particulière. La laisser de côté si nécessaire. Elle est comme une nouvelle personne que l'on vient de rencontrer avec qui l'on a peu d'affinité, et que plus tard peut-être l'on rencontrera de nouveau. les affinités seront meilleures, ou pas. La lecture sera alors plus fluide, ou pas.



    L'auteur

    Quatrième de couverture qui est aussi le début du journal

    Aujourd’hui pourrait s’être différencié de la journée d’hier et du balbutiement de nos envies ce matin propice à la lecture de ses lettres qu’elle m’envoie quand elle a souvent du temps ou n’est pas trop pressée, nos positions allongées d’hier et d’aujourd’hui si peu éloignés il n’est cependant pas trop tôt à cette heure hivernale de l’Angélus et des flocons s’éveillant. Il n’est pas non plus trop tard à ce moment nouveau de nos éveils et salutations du jour, la neige est ici plutôt patiente et les flocons tombent souvent petit à petit et rarement d’un seul coup, il n’y avait simplement à l’aube au réveil rien qui ne fût si différent du matin d’hier ou d’avant-hier et il n’y avait pas non plus de différence à l’heure imprévue à laquelle notre ami matinal nous a rendu sa visite, pour ne rester que le temps d’un café comme souvent aux jours d’hiver ou d’automne après avoir ou avant d’avoir couru. Il va souvent courir au parc attenant parce qu’il a aussi souvent le plaisir d’un long échange et toujours beaucoup de choses à dire et à écouter. Il avait aujourd’hui beaucoup plus à écouter mais nous n’avions pas beaucoup à dire.

    Journal, première entrée, après la quatrième de couverture

    aujourd’hui devrait être une journée plutôt calme à cueillir quelques framboises le long du chemin ou un peu plus tard à plier les draps secs elle à moitié pensive comme hier matin le regard au sommeil, et moi comme quelques fois déjà assis sur la couette à trier les caleçons et chaussettes et quelques-unes légèrement trouées de l’usage et la qualité d’un tissu commun, après qu’elle a mis le pain dans le four à griller au moment où un ami passait devant la maison comme souvent les matins quand il va au parc attenant, marcher se promener mais sans hâte, et comme la nuit d’hier avait été savoureuse elle aurait aimé une seconde nuit aussi savoureuse ou un peu plus mais la journée n’avait pas été la même que la journée précédente et notre ami matinal n’était pas venu aussi tôt que d’habitude ce matin il n’est pas venu du tout ou du moins pas encore, nous pensions à lui au moment d’être interrompus par le parfum du café qui commençait à couler, la cafetière est nouvelle et le parfum étant différent il faut s’y habituer,

    cet après-midi le plaisir d'une relecture, ajournée plusieurs fois de ses lettres et du confort de mes souliers, qu’elle m’avait achetés un matin de l’automne à l’hiver approchant, après avoir croisé un ami qui lui aussi venait d’acheter des souliers qu’il

         — des chaussons ?
         — non des souliers !
         — montre !
         — voilà !
         — waouh !

    préférait appeler soulier que chausson, sans raison précise mais il aimait la sonorité du mot,

    le soleil était ce petit matin propice à une promenade elle était au lit à m’écouter, écouter le goutte-à-goutte du café et du parfum volant,

    il y aura aussi le renouvellement de nos envies, un peu comme hier où notre volonté s’accordait aux renouvellements de nos confiances et complicités, qui pourraient aussi bien être de nos habitudes et plats au four,

    et acheter quelques recettes printanières, que l’on pourra manger au parc s’il y a des papillons et quelques fleurs, comme c’est indiqué dans la recette bien qu’ils ne disent jamais rien sur les couleurs des papillons, seulement que le plat est à manger plutôt en avril et là où il y a des fleurs, avec parfois le soleil qui les éclaire ou les rend plus visibles et scintillantes,

    les recettes où nous avons l’habitude d’être pourront prendre une autre habitude, ou être l’habitude de quelqu’un d’autre,

    Journal, deuxième entrée

    aujourd’hui comme au jour long d’avant-hier nous devrions terminer le tri des haricots selon les tailles et poursuivre le cheminement de nos pensées ce matin où nous allions gaiement quelques écureuils grignotaient au parc, personne n’allait en sens inverse et nous rigolions de nos grands pas. Il ne sera pas bien plus commode ce soir de dormir qu’hier au soir l’orage sera encore sur les toits mais nous rêverons longtemps, la lune le sait si bien,

    à l’exception de quelques olives noires et fruits secs ce matin nous avions aussi deux tartines et confitures, une tartine au beurre et miel et l’autre au chocolat comme de nombreux autres matins de l’année le café est toujours aujourd’hui chaud dans la cafetière même s’il est nouveau et la journée devrait être bien remplie mais différemment,

    selon nos besoins quelques gourmandises et allées venues, à travers la ville ou la forêt voisine il y a souvent des champignons et puisque nous avons souvent le temps nous y allons aussi souvent,

    d'ici à ce soir nous verrons si l'un a l'envie de fruits quelques légumes ou lait cru, de toute façon de vache qu’elle achète souvent en bouteille par paquet de cinq, il y a deux fermes à vaches et les chèvres sont ici plutôt rares,

    notre amie matinale arrive parfois tôt mais jamais trop tôt, rarement avant le chant du coq qui se réveille à une heure assez régulière après le soleil même s’il y a des nuages et nous réveille ensuite, le café parfois coulant elle nous prépare le petit déjeuner encore au lit souvent quand elle arrive, comme la cuisine est proche nous pouvons parler et écouter, nous nous voyons ensuite,

    Premier dialogue, début

    — à ce moment des joies et regards était-elle à une complicité passionnée l’est-elle encore vous étiez ce soir-là attentif à votre partenaire oh ! je crois la vôtre

    — nous regardions visagions le détail de nos rires et douleurs, chacun allait venait elle ici et moi plus ici encore à l’écouter elle était nerveuse quelque peu enjouée, et aujourd’hui toujours aussi m’aimant prête à la curiosité

    — y avait-il ainsi la possibilité d’une action ou plus tard où vous deviez sortir et vouliez l’emmener, elle vous avait invité proposé à la danse tournicoti tournicota !

    — la soirée s’organisait selon la lenteur de ses gestes et sa volonté d’être ici là ou là-bas assise ou debout, son regard allait s’allongeait à la fenêtre, elle parlait deux fois plus vite que les autres il fallait donc être deux fois plus attentif et écouter deux fois plus vite aussi, chaque présent était à une occupation différente et chaque occupation avait une présence différente, l’un parlait plus qu’un autre, la conversation à droite était plus féerique que celle du premier étage, un autre fumait mais il regardait moins que son voisin, sa voisine parlait très peu, le mangeage allait salutaire et le buvage l’accompagnait gaiement, l’un écoutait et aimait en même temps, un autre écrivait de la main gauche, la main droite du voisin était à son bras droit, une autre écoutait sur sa droite quelqu’un qui parlait perpendiculairement à ses oreilles, l’un s’était marié le matin même et n’était pas avec nous, la mariée était avec et chacun se promettait quelques années communes et conjugales, et le promettait à l’autre aussi qui en retour lui promettait la même chose, un autre était séparé aussi du matin même, l’ex-chérie n’était pas avec et promettait quelques années communes et conjugales à quelqu’un d’autre mais pas à la même heure et un troisième continuait ses études, sur l’origine de l’homme de la femme et de l’enfant, nous étions tous au vin légumes et fromages

    — était-elle cependant à la mesure de tout propos ?

    — aux échanges selon les voix et mouvements aux lieux différents des portes et fenêtres, certaines portes menaient à certaines pièces et certaines voix prenaient le même chemin, d’autres portes menaient à d’autres pièces, parfois les mêmes et chacune avait une fenêtre, chaque fenêtre avait un panneau en verre à travers lequel on pouvait voir et ce voiment menait à un extérieur, lui aussi le même selon les pièces mais toujours plus à gauche ou plus à droite, elle buvait légèrement quelquefois une cigarette au cendrier, parlait marchait souriait aux uns et montrait ses oreilles à d’autres, qui n’osaient pas les toucher comme elle n’avait fait que les montrer et n’avait rien demandé à personne, j’aimais les effleurer les embrasser toutes petites et sensuelles

    — qu’avait d’autre particulier cette soirée à y avoir noté ?

    — un grand debout le nez tubulaire, devant le tableau la main allongée à traverser la table, peut-être pour attraper un verre ou faire semblant d’avoir le bras long, un petit assis avec l’oreille tombante jouant du violon, le pied sous la chaise voisine et la voisine à son esprit et regard, et l’autre pied au bout de son autre jambe, avec dessiné sur l’orteil un visage, pensant faire peur au chat, qui aurait pu lui aussi faire peur à l’orteil, sur la gauche une dame assez féminine avec poitrine plutôt normale, debout à parler avec l’homme aussi debout devant le tableau accroché, son sexe dans son slip en éveil, la main de la femme sur l’épaule de l’homme faisant un signe à l’autre homme à sa droite, elle portait une jupe de taille différente, des chaussures parfois à ses pieds et toujours avec des talons eux toujours à ses pieds et n’avait pas froid aux yeux, en hiver elle a froid aux oreilles qu’elle ne montre alors à personne, nous discutions nous engueulions nos voix martelantes et les chaises bien au sol qui parfois se touchaient se tapaient nos cuculs tous agités par nos corps et propos, d’autres buvaient seulement jouaient il y avait des cartes quelques jeux et tricheries toujours drôles et patapon

    Quatrième dialogue, début

    — vous êtes songeur nous sommes les uns et autres aux différents lieux possibles du sourire et du présent

    — tous arrivons entrons saluons les uns parlons aux autres elle arrive à ce moment-là d’une nécessité lumineuse à ses yeux je devine le prochain de ses mouvements

    — lui dites-vous toujours l’état de votre petit cœur palpitant oh ! le tout petitpetit qu’il est mignon et vos sourcils lumineux !

    — quelques fois oui ou presque oui au moment du jour approprié quand nous allons parfois au parc attenant où les poissons s’affolent à nos baignades, quelques oiseaux ont toujours le plaisir de nos miettes et fruits secs, et à n’importe quel autre mouvement savoureux à lui raconter comment mon petit cœur est et elle me dit aussi

    — et votre approche ce jour-là de vos (— cui cui cui cui ! ) ans et de ses (— l’est où c’t’oiseau ? ) ans étiez-vous lent ou plutôt excité ?

    — bien différent du calme que mon corps semblait montrer à ce qu’ils croyaient tous au restaurant, elle allait sautillante à son agitation toujours plus annoncée elle était joyeuse et sans fin, nos amours allaient bien et nous allaient bien aussi, et nous vont toujours aussi bien aujourd’hui, ses pieds sautaient joints l’un à l’autre et ses poings fermés en l’air agité par ses bras et son sourire tout crieur

    — criait-elle les poings fermés les bras étaient-ils en l’air au moment du cri ?

    — les cris suivaient l’ouverture des poings surtout les bras verticaux et les poings dans le prolongement des bras

    — était-ce une rencontre mémorisable ou l’avez-vous mémorisée ?

    — chaque année son anniversaire revenait le même jour nous avions donc souvent et régulièrement l’occasion d’une rencontre insolite et différente

    — vous avez toujours la possibilité d’une rencontre de vos corps, ce matin s’en allaient vos envies après cette nuit agitée pourriez-vous nous conduire au verger voisin ?

    — peut-être maintenant sera l’idéal aux fruits rouges et bien juteux quelques pommes et poires en compote à manger déguster ragoûter, avec aussi patates douces et sucre en caramel nous sommes toujours aujourd’hui ce soir aussi abondant de ce même entrain les quelques verres et vin rouge aux reflets de chacun et des mouvements parfois vifs de nos pensées et désirs, ce matin nos envies s’en allaient après cette nuit sans repos, elle est maintenant assise à parler doublée de rires et moments silencieux de leurs propos, à eux elle et lui assis en face de nous, qui parlent et font comme les autres à vouloir être l’un avec l’autre et l’autre avec l’un, rien ne dit de la complicité de leur conversation, mais ils sont juste en face d’elle et les petits mouvements de leur tête et sa main tapotant clapotant la table dit peut-être beaucoup mais elle seule le sait et lui seul le pense sauf à agir à bouger à kikiter si nous sortions serions libres de nos gestes eux aussi elle et lui

    — pensez-vous qu’il est séduit qu’elle est séduite et qu’ils sont séduits tous les deux l’un par l’autre et l’autre par l’un ensemble et réciproquement ?

    Quelques lettres

    lettre

    ce soir assoupie, repense souvent au livre de nos amis et ce voyage au sud où nous étions toujours, peut-être pour en avoir lu quelques pages en partie en ville et au retour, à la fraîcheur matinale des bancs au soleil à peine effleuré de mes lectures ou pluies fraîchissantes, ici quelques moments intimes et parfois refusés de nos circonstances, et d’autres aux sensations partagées des parfums, la montagne y est fréquente, et nos plaisirs au pied des arbres et poissons crus, ou parfois au bout des branches, à faire guili-guili, le cerisier n’est plus en fleur, les pétales couvrent le sol, quelques arêtes s’y mélangent, et quelques feuilles vertes sont sur l’eau comme de petits tapis, sommes ensuite restés au ciel ouvert, parfois isolé d’images furtives et anciennes, simples moments de nos rencontres ou divers de mes années, et puis cela me donne envie d’aller au désert à cette sensation du chaud et de l’immense, nous allons demain au nord où quelques pierres endormies s’y proposent, le froid y est obscur et ces pierres insoumises nous orientent ici parfois, toute lecture à la nécessité d’une lenteur, ce matin quelques feuilles un peu jaunes, te vois demain au silence


    lettre

    cette heure hivernale, la pluie ne cesse et la faim m’estime, aurions besoin ici de quelques légumes adoucis, et d’un pain consistant, la cheminée est agréable comme tu peux le penser ou l’imaginer, il y a souvent quelques flammes isolées et drôles à voir, elles sont comme flottantes à l’écart des autres, mais ne restent pas plus ou moins longtemps, une en particulier était seule et rapide, et peut-être ainsi mieux disparue que constante, je ne suis pas sûre que la cheminée s’y accommoderait, et la maison pas plus, à la différence des fleurs ici qui s’accommodent assez bien de nos rires festoyeurs, et qui éclosent souvent plus vite pour cela, au jour prochain de notre rencontre


    lettre

    au thé ce midi seule, n’ai pas eu la chance aujourd’hui de nos mémoires et si malléables, s’y est oubliée l’aventure, et certains moments n’ont parfois pas d’audace à partir, le jour sera passé et pourtant sera, au retour de nos allées, chacun s’y trouvera où nous pourrons convenir de quelques soirées, nous avons parlé sûrement hier encore au matin, belle impression des pierres et bois vieillis, en chemin nous imaginions un moment l’humanité fermant les yeux pendant une heure, peut-être que tout disparaîtrait, la rue est très vieille et longue de présences successives, et puis l’humain y a son temps, oublie la dernière soirée et ne sois pas dans leurs considérations ils sont jaloux et pas toujours actifs, promène-toi un temps résolu, espère ton plaisir prochain


    lettre

    au matin ici prolongé, sommes allés hier indécis du jour passé et longues attentes, chacun voulait sa raison et passagère idée, nous avons préféré l’une ancienne des montagnes voisinantes, la végétation plus infidèle mais plus intrigante aussi, les obscurités y sont nombreuses et la découverte imprécise, puis étions au soir à l’écoute de timbres subtils, une symphonie courte et assez moderne à quelques intimités sonores, l’écoutions au matin ce jour d’hier, retournons ce soir à la même écoute au public, peut-être un repas coutumier puis un café entre amis, la terrasse est toujours profitable accompagnée de chacun et des amitiés découvertes, il était là aussi un peu rustre à son regard, et peut-être simplement inaccoutumé, t’écris plus tard éveillé


    lettre

    ce matin suis allée au jour à venir, la même tranquillité raisonnée d’hier et d’avant-hier, une longue marche et que dire ceci dit d’autre que vouloir, tout s’active et le besoin, les circonstances s’éloignent et se consument, attendions la lune en soirée comme au jour de chaque automne, et si tôt réveillée d’une nuit à peine aux rêves, j’étais à la pensée au moment de cette photo sur l’étagère et drôle de sa prise, nous pourrions la retirer même si elle est la seule que l’on aime voir, ce calme du matin souvent étreignant prolongé de quelques thés et nuages au repos, la chaleur est dans les airs mais l’automne approche et les bonnets avec, dehors la nuit est gouvernée

    Journal, deuxième partie, première entrée

    aujourd’hui devrait être une journée plutôt calme à cueillir quelques framboises le long du chemin ou un peu plus tard à plier les draps secs lui à moitié pensif comme hier matin le regard au sommeil, et moi comme quelques fois déjà assise sur la couette à trier les culottes et chaussettes et quelques-unes légèrement trouées de l’usage et la qualité d’un tissu commun, après qu’il a mis le pain dans le four à griller au moment où une amie passait devant la maison comme souvent les matins quand elle va au parc attenant, marcher se promener mais sans hâte, et comme la nuit d’hier avait été savoureuse il aurait aimé une seconde nuit aussi savoureuse ou un peu plus mais la journée n’avait pas été la même que la journée précédente et notre amie matinale n’était pas venue aussi tôt que d’habitude ce matin elle n’est pas venue du tout ou du moins pas encore, nous pensions à elle au moment d’être interrompus par le parfum du café qui commençait à couler, la cafetière est nouvelle et le parfum étant différent il faut s’y habituer,

    cet après-midi le plaisir d'une relecture, ajournée plusieurs fois de ses lettres et du confort de mes souliers, qu’il m’avait achetés un matin de l’automne à l’hiver approchant, après avoir croisé une amie qui elle aussi venait d’acheter des souliers qu’elle
         — des chaussons ?
         — non des souliers !
         — montre !
         — voilà !
         — waouh !
    préférait appeler soulier que chausson, sans raison précise mais elle aimait la sonorité du mot,

    le soleil était ce petit matin propice à une promenade il était au lit à m’écouter, écouter le goutte-à-goutte du café et du parfum volant,

    il y aura aussi le renouvellement de nos envies, un peu comme hier où notre volonté s’accordait aux renouvellements de nos confiances et complicités, qui pourraient aussi bien être de nos habitudes et plats au four,

    et acheter quelques recettes printanières, que l’on pourra manger au parc s’il y a des papillons et quelques fleurs, comme c’est indiqué dans la recette bien qu’ils ne disent jamais rien sur les couleurs des papillons, seulement que le plat est à manger plutôt en avril et là où il y a des fleurs, avec parfois le soleil qui les éclaire ou les rend plus visibles et scintillantes,

    les recettes où nous avons l’habitude d’être pourront prendre une autre habitude, ou être l’habitude de quelqu’un d’autre,

     

    La fantaisie, sous forme de livre, est imprimée à 50 exemplaires, numérotés et signés.


    Il n'a pas de titre, ni d'image en couverture, ce n'est pas une fatalité.


    Trois exemplaires sont encore disponibles. Nous contacter.